2 avril 2009
4ème anniversaire de la mort
de Jean-Paul II
La rédaction de lunivers.info
vous propose ce texte écrit dans l’émotion de l’événement, le 3 avril 2005, par
Hugues de Blignières, dit
Kéraly, directeur
de Sed Contra: 5, rue de Douai 75009 Paris,
http://sedcontra.fr et qu'il
nous envoie à l'occasion de cet anniversaire… dont personne, ou presque,
ne parle.
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DE LABORE SOLIS
Personne n’est obligé de croire à la prophétie de saint Malachie, qui
situait le pontificat de Jean-Paul II sous le signe d’une illumination complète
du message chrétien : De labore Solis. Comme personne n’est en mesure de
fournir aujourd’hui une explication convaincante de la devise attribuée au
pontificat suivant : De gloria Olivae…
A relire “l’Appel de Prague”, en ce dimanche de Miséricorde 3 avril 2005, je
crois bien cependant que Malachie avait raison sur le principal ressort du
succès de Jean-Paul II. Jamais la lumière de l’enseignement évangélique au XXe
siècle n’aura brillé aussi fort que ces jours-là, aux côtés de Vaclav Havel,
sur le destin politique de l’Europe et de la Chrétienté.
De labore Solis… C’est l’intuition commune de
tous ceux qui ont approché
de près cet homme, comme il m’est arrivé de le
faire pour réaliser son portrait
en télévision. La certitude aussi de tous ceux qui
n’ont fait que croiser sa
route ou son regard, tant sa foi rayonnait de spiritualité
profonde et de belle
humanité. C’était un pape à la
François d’Assise dans la carrure ou du moins
l’énergie
intellectuelle d’un Thomas d’Aquin. On l’aurait bien
surpris lui aussi en lui
recommandant de se méfier des mauvaises rencontres avec les
hérésiarques et les
incroyants – que son cœur franciscain provoquait volontiers
– ou d’ignorer les
arguments du monde – que son esprit thomiste nourri de passions
slaves aimait à
retourner de l’intérieur par la force de sa
présence et de sa conviction.
Il ne manifesta pas d’intérêt soutenu pour les questions liturgiques, ayant
fait une priorité dans son pontificat de la conversion du clergé, du célibat
des prêtres et de leur exemplarité de vie. Mais je l’ai vu à travers le zoom
sans merci de nos caméras de télévision célébrer dans le vieux rite Slavon à
Rome, pour la fête des saints Cyrille et Méthode, avec une extraordinaire, une
énorme émotion : des sueurs d’agonie spirituelle venaient perler sur son front
au Canon de la messe, et les mains s'allongeaient sans fin, dans la prière
mystique qu’elles ajoutaient au texte, au moment de l’élévation… Jamais je
n’avais ressenti de façon aussi claire et sensible dans ma vie que le prêtre à
l’autel est la personne du Christ qui se continue : agit in persona Christi.
Pour moi, c’est cette grâce intérieure de prêtre de Jésus-Christ – sacerdos
in aeternum – qui lui a procuré la force de dire toujours la vérité, sans
précautions ni détours, sur les innombrables questions de morale, de politique
et de charité chrétiennes qu’il lui a été donné d’aborder.
Jean-Paul II n’a pas cherché à plaire au monde en
s’alignant sur ses mirages
humanitaires, et c’est pourquoi il a plu. Il n’a pas voulu
étonner le monde en
sabordant les disciplines ou les enseignements traditionnels de la foi,
et
c’est ainsi qu’il l’a le plus fort
étonné. Il n’a pas cherché à se faire
aimer
du monde, et vraiment aucun pape à ce jour n’aura
levé sur terre autant d'amour
que lui. – Que faut-il ajouter ?